Depuis une trentaine d’années, l’île Maurice s’est forgé une image de destination de rêve. Ignoré de tous jusqu’alors, ce petit bout de terre du sud de l’océan Indien, ancienne colonie britannique, est devenu l’un des symboles des vacances exotiques de luxe : la retraite des stars, le rêve secret des joueurs de la Loterie nationale, la promesse d’une lune de miel idéale pour jeunes maries.
Tout cela est bien réel et les superbes plages de l’île Maurice tiennent leurs promesses : soleil !, cocotiers, sable blanc et lagon turquoise. Pourtant, le pays a bien plus à offrir, et le touriste qui ne quitte son hôtel que pour une ou deux excursions organisées ne percevra pas ce qui fait le charme particulier de Maurice et la distingue d’autres destinations de l’océan Indien.
L’écrivain français J.-M. G. Le Clezio, dont les grands-parents étaient mauriciens, a écrit ces quelques mots dans le livre d’or d’une pension du sud de l’île, à l’attention des propriétaires : "Ici tout change à chaque instant, le ciel, la mer, les rochers, le vent. On part plus riche qu’on n’est venu. Merci, chers amis, d’ouvrir cette fenêtre."
Le voyageur curieux et ouvert se rendra compte, des les premiers jours, que la plus grande richesse de l’île réside en ses habitants. Les Mauriciens sont souriants, naturellement sereins et accueillants - nonchalance et une faculté à prendre la vie du bon côté, charment et impressionnent. Est-ce la capacité à partager et à cohabiter malgré l’extrême diversité de leurs origines (africaines, indiennes, chinoises et européennes) qui leur a permis d’acquérir une telle sagesse ? Ou la conscience permanente que la nature et ses terribles cyclones peuvent anéantir, en quelques heures seulement, le travail de toute une année ? Ici, lorsqu’on croise le regard d’un passant, on n’y lit jamais animosité ou dédain. Le sourire est facile et se délivre à la moindre occasion, tout comme les formules d’accueil et les conversations simples. II n’est pas rare de se faire accoster avec gentillesse et même inviter à un repas ou à un grand pique-nique dominical sur la plage ...
A Maurice, on réapprend à s’ouvrir à l’autre, mais aussi à la nature, ses lumières, ses parfums et ses bruits : odeur enivrante des fleurs du frangipanier, ondulation légère des feuilles de canne sous la brise, froissement sec des palmes du cocotier. L’ailleurs comme on le rêve ou comme on le devine, la nature dans toute sa polychromie généreuse, mais toujours savamment mise en scène, organisée pour le plaisir des sens : lie tropicale ni trop sauvage, ni trop civilisée.









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